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Magnifique Village de France
mercredi 8 février 2017
Je reviendrai à Montréal...
En route pour un voyage hors du temps....
Fermez les yeux jusqu’à la sortie d’Avallon, puis, Ouvrez les dès l’abandon de l’autoroute A6....
Déjà, les noms des villages, nous plongent dans l’abîme du temps : Cussy-les-Forges, Charbonnière,Maison-Dieu, Sceaux, et enfin, Montréal....
Dès l’entrée du village, par le champ de foire, les dés sont jetés : nous sommes au moyen-âge !
C’est à pied, qu’il est conseillé de se rendre jusqu’en haut du Mont Réal, dit aussi Mont Royal jusqu’à la fin du 17e siècle...
Connu aussi sous le nom de mont Régus à l’époque gallo-romaine,
déjà village étape puisque situé sur la voie romaine qui reliait Châlon sur Saône à Lutèce, la présence de nombreux aménagements gallo-romains et les restes d’un probable oppidum sur les hauteurs de la colline, s’explique avant tout par la présence de nombreuses mines de fer issues d’un seul filon, disséminé par la rivière Serein, affluent capricieux de l’Yonne.
Une fois passée l’occupation romaine, le village perdure, grâce à l’utilisation du fer par les Wisigoths . Et l’activité de la colline va prendre un tournant vers l’an 586, où la puissante Reine Brunehaut qui règne sur l’Austrasie, et la Burgonde, soit la Bourgogne actuelle, va choisir de prendre quelques temps résidence au pied du mont Réal...
Quoiqu’il en soit, des fortifications primaires sont édifiées, qui
permettent encore aujourd’hui, du haut de la colline, d’observer simultanément une vingtaine de village alentours.
Prise et mise à sac par les Normands vers 886, la région et son village sont reconquis par Anséric II qui devient sénéchal de Bourgogne, en l’an 1056.
A son retour de la première croisade, devenu Seigneur de Montréal, il décide l’édification de la collégiale de Montréal, ainsi que la construction des fortifications du village tout entier, lequel, idéalement situé au carrefour de trois comtés :
Bourgogne, Champagne et Nevers,
bénéficie de son altitude naturelle - près de 300 mètres - pour se positionner comme une place forte d’observation sur le Serein et ses trois vallées.
La ville prospère jusqu’en 1255, date à laquelle Anséric VI tua un chanoine de Montréal au cours d’une rixe, à la suite de quoi, sur intervention de Saint Louis, il est dépossédé de ses biens.
La ville revient aux ducs de Bourgogne, qui en font une prévôté, laquelle va perdurer jusque sous le règne de François Ier, ultime hôte de marque de Montréal dont l’emblème familial, - une salamandre - orne encore de nombreuses maisons du village.
Henri IV, afin d’asseoir sa légitimité sur les Bourguignons, va commander la destruction de la majeure partie des fortifications, devenues ipso-facto inutiles à l’aube de la renaissance.
Montréal va alors peu à peu tomber dans l’oubli, ce qui nous permet
aujourd’hui de pouvoir la contempler intacte face aux outrages du temps : pas un ouvrage postérieur au XVIe siècle n’est venu troubler la vue des rares et heureux visiteurs qui peuvent librement flâner à travers le village et ses fortifications, et contempler les maisons, toutes des chefs d’oeuvre de l’ère médiévale.
La somptueuse collégiale romane du XIIe siècle, dont la toiture première est toujours intacte sous la toiture secondaire mise en place au XIXe par Viollet-le-Duc, présente également un exceptionnel pavement de sol, intact et désormais classé, qui offre une succession ininterrompue de tombeaux où reposent encore à même le sol de la collégiale, seigneurs, et prévôts de l’antique cité de Montréal.
A noter qu’un somptueux retable en bois et albatre, du début du XVIe
siècle, une chaire, ainsi que la totalité des bancs destinés aux prieurs, complètent le décor de l’abbatiale du plus pur style Roman.
Ne quittez pas Montréal sans prendre à gauche après le champ de foire, où vous attendent les contours sinueux du Serein, dont les crues aussi violentes que soudaines recouvrent parfois plusieurs centaines d’hectares de terre...
Christophe de Cagny
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Raymond de Cagny